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Comment The Mandalorian nous prépare au Batman v Superman de Star Wars

D’aussi loin que je m’en souvienne, les Mandaloriens ont toujours fait partie du paysage Star Wars. Dans les bons cercles, ils ont toujours été populaires, malgré leurs maigres apparitions à l’écran. Après tout, Boba puis Django Fett ne se partagent que quelques répliques, et des moments de bravoure encore plus rares. Et pourtant, la popularité des Mandaloriens n’a jamais été démentie. Comment expliquer une telle sympathie à l’égard de ces mystérieux guerriers ? On essayait de répondre à la question l’année dernière dans notre épisode #28, entièrement dédié aux Mandaloriens, où nous avions mis en évidence l’importance de ces combattants pas comme les autres dans l’ancien Univers Étendu, qu’on retrouve désormais sous le label « Légendes« . Mais depuis un an et la sortie de The Mandalorian, justement, la légende se réécrit. Peut être pour faire place à un mythe autrement plus important.

Vous l’aurez remarqué au fil de ses épisodes, la série de Jon Favreau et Dave Filoni établit lentement mais surement un nouveau canon pour la culture Mandalorienne. Librement inspirée de l’ancien Univers Étendu, comme nombre des histoires aujourd’hui proposées par Disney, cette civilisation se précise de semaine en semaine. Dès le pilote, on découvrait ainsi plusieurs Mandaloriens, cachés dans un refuge. Puis, dans la première saison, on évoquait également la grande purge, une religion basée sur les armes, sans oublier des règles très strictes. L’interdiction de retirer son casque en public, par exemple, ou des phrases toutes faites mais qui témoignent d’un certain sens de l’honneur, comme le désormais célèbre « This is the way. »

Passer la seconde

Mais avec la seconde saison, The Mandalorian va plus loin encore, en incarnant cette civilisation avec de nouveaux personnages. Seul, Din Djarin ne pouvait espérer nous familiariser avec la culture Mandalorienne dans ses détails. Du coup, les showrunners lui proposent de chercher les siens à travers les étoiles. Et résultat des courses, après seulement trois épisodes, les noms de Boba Fett ou de Bo-Katan reviennent sur toutes les lèvres.

Le doute n’est plus possible : si Jon Favreau est à la tête du projet, c’est bien Dave Filoni qui l’infuse avec ses personnages favoris. Les fans du bonhomme s’y attendaient depuis un petit moment, puisque les Mandaloriens tenaient déjà une place de choix dans The Clone Wars puis Rebels. Alors une nouvelle fois, on remarque que les guerriers en Beskar sont intimement liés au sort de la galaxie Star Wars.

D’où vient ce lien ? Sans doute des histoires que Dave Filoni a l’habitude de laisser en suspens, d’une saison voire d’un projet à l’autre. L’histoire qu’il voulait raconter avec les Mandaloriens dépasse peut être le cadre d’une série ou même d’un Star Wars en particulier, c’est une méta-intrigue qui pourrait bien résonner dans toute la saga pour les années à venir. Comme les Jedi avant eux, les Mandaloriens deviendraient ainsi une nouvelle incarnation de l’univers créé par George Lucas.

Mando’ is the new Star Wars

Du moins, c’est ma théorie. Si on met de côté les Jedi et peut être les Siths, les Mandaloriens sont, et de loin, l’une des civilisations ou l’une des cultures les plus renseignées de la saga Star Wars. On pourait éditer des encyclopédies entières sur leur histoire tant elle est riche, et parfois confuse. Tout l’intérêt d’un show comme The Mandalorian est ainsi de réhabiliter cette histoire et de la rendre plus claire dans un univers cette fois canonique, mais aussi sous une forme plus légitime.

Je ne vous apprend rien, l’animation est encore sous-estimée et réduite à un média pour enfants par une trop large partie du public. Sans même parler des romans et des bandes-dessinées qui ne touchent pas la grande majorité de l’audience que peut rassembler Star Wars. Une série en prise de vue réelles, en revanche, assoit immédiatement l’importance d’un personnage et de sa culture.

Personne ne pourra le nier – et certainement par l’Outrider d’après les écoutes de notre épisode #28 – depuis l’année dernière, les Mandaloriens ont gagné en popularité. C’est là le vrai tour de force de la première saison : rendre son public gaga à l’aide d’une petite créature verte pour mieux l’initier à un coin sans doute plus pointu de la saga Star Wars.

Jusque là réservés à un cercle d’initiés, les Mandaloriens s’exportent maintenant partout, et bien évidemment, Lucasfilm le sait. Sans cette popularité, Favreau et Filoni n’auraient peut être jamais insisté sur Bo-Katan, la survie de Boba Fett ou même le Darksaber dès le troisème épisode d’une seconde saison. Mais force est de constater qu’ils n’ont pas froid aux yeux.

Devenir grand public

Le public est-il prêt ? Difficile à dire. Mais en tous cas, The Mandalorian le prépare doucement à intégrer les guerriers en Beskar dans le paysage de la saga Star Wars. Si le grand écran a eu les Jedi, le petit aura les Mandaloriens, en somme.

Mais pourquoi une telle préparation ? Pour que Filoni puisse conclure une histoire amorcée il y a des années de cela ? Sans doute, mais pas que. On pourait également y voir une manœuvre stratégique pour Disney, qui a tout intérêt à explorer Star Wars dans de nouvelles directions.

Maintenant que le studio a terminé l’histoire des Skywalker, qui mettait une nouvelle fois l’accent sur les Jedi, il est peut être question de nous familiariser avec d’autres façettes de l’univers Star Wars. Avec leur histoire très riche, les Mandaloriens étaient forcément un choix intéressant, mais ils le deviennent encore plus quand on connaît leur affrontement légendaire avec les Jedi.

Simplement évoquée dans le canon actuelle, la guerre entre les chevaliers Jedi et les Mandaloriens reste en effet l’un des plus gros morceaux de l’ancien Univers Étendu. Un morceau si juteux qu’il se passe d’explications : prenez Star Wars, son passé, et imaginez un ordre Jedi au sommet de sa puisance affronter une civilisation guerrière à son apogée.

Le pitch est aussi simple que savoureux. Mais là où il pouvait paraître très niche en 2012, quand les fans s’amusaient à imaginer le Star Wars que Disney venait tout juste de racheter, il est, en 2020, toujours plus plausible. Grâce, vous l’aurez compris, au travail de The Mandalorian.

La poule aux œufs d’or

L’air de rien, la série de Jon Favreau et Dave Filoni pourrait ainsi nous préparer à un Batman v Superman version Star Wars. Une comparaison doublement pertinente d’ailleurs. D’un point de vue industriel, promettre aux fans l’affrontement entre deux icones d’un même univers est paticulièrement alléchant. Et si on reste dans ce même cadre, justement, on ne peut nier la ressemblance entre Batman et les Mandaloriens, ou entre les Jedi et Superman.

Les premiers utilisent la discipline, la force brute et de nombreux gadgets pour arriver à leur fins, aussi obscures soient-elle. Quant aux seconds, vous le savez, ils sont dotés de pouvoirs surnaturels qui leur donneraient le droit de représenter un système politique et ses intérêts. La métaphore fonctionne aussi d’un point de vue diégétique, donc, et de là à imaginer un affrontement saveur Frank Miller entre Jedi et Mandaloriens, il n’y a qu’un pas.

Ne serait-ce pas l’un des rêves les plus fous des fans qui ont grandi avec un Star Wars qui s’étend au-delà des films ? Oui, mais plus seulement. D’ici quelques années, le grand public sera peut-être aussi investi que nous dans la guerre qui jadis, opposa les Jedi aux Mandaloriens.

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